Conseils à un écrivain…

Un jour je suis tombé sur une préface qui, à la manière d’un livre de recette, indiquait où porter ses efforts, par quel ingrédient commencer, comment sublimer la recette pour en faire un mets agréable à contempler, léger à déguster et puissant de la première à la dernière bouchée.

Ces conseils à un écrivain s’adressaient aux amateurs de nouvelles : de courts récits allant à l’essentiel qui enchaînés les uns aux autres peuvent aboutir à un texte d’une longueur significative : le roman.

 

Voici ses conseils :


 

  1. Préparez un synopsis des événements dans l’ordre de leur déroulement. Décrivez-les avec une précision suffisante pour traiter tous les points décisifs […]


  2. Préparez un synopsis des événements dans l’ordre de leur narration, avec beaucoup d’ampleur et de souci du détail. […] Modifiez en conséquence le synopsis original si cela permet d’accroître la puissance dramatique ou l’impact du récit.


  3. Rédigez l’histoire rapidement, avec aisance, et sans faire preuve de trop d’esprit critique, en suivant le deuxième synopsis. Modifiez les événements chaque fois que le travail en cours semble s’y prêter […]. Insérez ou supprimez des passages entiers si nécessaire […]. Supprimez tout ce qui peut être superflu — mots, phrases, paragraphes, éléments ou épisodes entiers.[…]


  4. Revoyez le texte entier en prenant garde au vocabulaire, à la syntaxe, au rythme de la prose, aux proportions respectives des parties, aux subtilités de ton, à l’élégance et au caractère convaincant des transitions […], à l’efficacité de l’introduction, de la conclusion, du point culminant, etc.


 

Pour finir :


Il est souvent préférable de réfléchir longuement à un récit — en prenant des notes —, avant d’entreprendre tout travail de rédaction proprement dit. Pensez-y tout à loisir — lentement —, changez d’idée autant que nécessaire.


 

Howard Philip LOVECRAFT, maître de Providence